Un faux ingénieur a sévi pendant au moins trois ans à Québec

Le faux ingénieur Mathieu Lévesque a éveillé les... (Photothèque Le Soleil)

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Le faux ingénieur Mathieu Lévesque a éveillé les soupçons en 2011, alors qu'il travaillait sur des plans et devis destinés au Musée de la civilisation pour le projet de réfection de son auditorium.

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(Québec) Un homme de Québec qui n'était pas ingénieur a réussi à berner et à travailler durant au moins trois ans pour les firmes de génie Dessau et BPR. Mais en 2011, Mathieu Lévesque avait éveillé les soupçons alors qu'il réalisait un contrat pour le Musée de la civilisation.

Le Journal de Québec rapportait samedi que Mathieu Lévesque a été pris en flagrant délit après avoir joué à l'imposteur chez Dessau et BPR au moins entre 2009 et 2011.

Le 16 mai, il était en Cour du Québec pour reconnaître sa culpabilité à cinq chefs d'infraction à la Loi sur les ingénieurs et au Code des professions. Il a alors été condamné à des amendes totalisant 10 000 $.

Pendant les années où il s'est faussement présenté comme un ingénieur, Lévesque a travaillé pour le compte du Musée de la civilisation, du Grand théâtre de Québec et du gouvernement du Québec.

Au printemps 2011, l'homme a apposé un sceau d'ingénieur sur des plans et devis destinés au Musée de la civilisation pour le projet de réfection de son auditorium. Un ingénieur qui authentifie par un sceau des plans engage normalement sa responsabilité professionnelle et peut faire l'objet de poursuites si le travail est inadéquat.

Le directeur général du Musée, Michel Côté, a indiqué samedi au Soleil que son administration avait été alertée de la situation avant que les plans et devis soient conclus. La firme qui l'engageait à l'époque a avisé le Musée «qu'elle avait un problème». «C'est eux qui nous ont alerté et qui ont recommencé le travail avant de signer officiellement le projet», a confirmé M. Côté, qui ne pouvait dire, samedi, quelle firme de Dessau ou BPR était alors chargée des plans. Selon le jugement rendu par la Cour, c'est BPR qui s'est acquittée du mandat.

«Cas isolé»

La directrice des communications de BPR, Kathia Brien, a fait savoir au Soleil que Mathieu Lévesque «est un cas isolé». Elle ajoute que la firme a suivi «dès le début de l'événement» l'ensemble des recommandations de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) : «nous avons avisé tous les clients touchés par cette situation, nous avons revu le travail technique qu'il avait réalisé et nous avons scellé à nouveau tous les documents techniques.»

Selon le directeur général du Musée de la civilisation, les tractations du faux ingénieur n'ont pas retardé la réfection de l'auditorium Roland-Arpin.

Toujours en 2011, Mathieu Lévesque a signé une étude de faisabilité pour un projet au Grand théâtre de Québec. Il a été impossible samedi de parler à un représentant du Grand théâtre.

Alors qu'il était employé de Dessau en novembre 2009, Mathieu Lévesque a également préparé et signé un rapport concernant la salle des serveurs de l'édifice Hector-Fabre, sur le boulevard René-Lévesque. Ce contrat avait été accordé par le ministère des Relations internationales.

Importante vigilance

Samedi, le Ministère ne pouvait confirmer que le rapport qui lui a été rendu en 2009 avait été dressé par Lévesque. Si cela s'avère, «ça met en évidence l'importance pour les grandes firmes d'ingénierie d'être vigilants dans leurs processus d'embauche et de se doter de codes d'éthique qui leur permettent que ça ne se reproduise pas», a estimé l'attachée de presse du ministre Jean-François Lisée, Caroline Julie Fortin. Elle a précisé que des vérifications seront faites dans les prochains jours pour s'assurer que les recommandations du rapport commandé à Dessau étaient conformes et sécuritaires.

Mathieu Lévesque s'est aussi reconnu coupable d'avoir utilisé un faux numéro de membre de l'Ordre des ingénieurs sur un formulaire transmis à BPR en 2009.

À l'OIQ, on indique que le cas de Mathieu Lévesque est «du jamais-vu». La plupart des poursuites pour pratique illégale ont trait à un acte précis et non à un modus operandi qui s'effectue chez deux employeurs pendant des années, selon une avocate de l'Ordre citée par le Journal de Québec.

Une porte-parole de Dessau a pour sa part affirmé au Journal que Lévesque avait travaillé pour la firme pendant «deux ou trois ans» et qu'il a toujours refusé de fournir ses attestations. «Il a quitté en sentant la pression qu'on mettait», plaide-t-on chez Dessau.

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