«Mauvais traitements systématiques» pour les enfants palestiniens détenus en Israël

Un garçon palestinien est arrêté par des soldats... (PHOTO HAZEM BADER, ARCHIVES AFP)

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Un garçon palestinien est arrêté par des soldats israéliens pour avoir lancé des pierres lors d'une manifestation se déroulant dans le nord de la Cisjordanie, en 2010.

PHOTO HAZEM BADER, ARCHIVES AFP

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Selim SAHEB ETTABA
Agence France-Presse
Jérusalem

Des centaines d'enfants palestiniens sont victimes chaque année de «mauvais traitements systématiques» dans le système de détention militaire israélien, affirme mercredi l'UNICEF, dénonçant comme unique au monde le jugement généralisé de mineurs par des tribunaux militaires.

«Le mauvais traitement des enfants palestiniens dans le système de détention militaire israélien apparaît répandu, systématique et institutionnalisé», conclut l'UNICEF (Fonds des Nations unies pour l'enfance) dans un rapport.

La représentante de l'UNICEF dans les Territoires palestiniens, Jean Gough, a précisé lors d'une conférence de presse à Jérusalem qu'à la fin janvier «31 enfants de moins de 16 ans et 233 enfants au total» se trouvaient dans cette situation, soulignant que ces statistiques ne couvraient que la Cisjordanie occupée, sous administration militaire.

«Des enfants ne devraient pas être en prison», a-t-elle rappelé, «si un enfant doit, pour quelque raison que ce soit, être placé en détention, cela devrait être en conformité avec les normes internationales et la Convention des droits de l'enfant».

«Chaque année, environ 700 enfants palestiniens de 12 à 17 ans, en grande majorité des garçons, sont arrêtés, interrogés et détenus par l'armée, la police et les agents de sécurité israéliens», selon le rapport.

«Israël est le seul endroit au monde où un enfant arrêté est systématiquement traduit devant un tribunal militaire. Cela n'existe dans d'autres pays qu'à titre d'exception», a expliqué Jean-Nicolas Beuze, conseiller régional de l'UNICEF pour la protection de l'enfance.

Parmi les «mauvais traitements», le rapport mentionne «l'arrestation d'enfants chez eux entre minuit et 5 h par des soldats lourdement armés, le fait de leur bander les yeux et de leur lier les mains par des attaches en plastique», ainsi que «les aveux forcés, l'absence d'accès à un avocat ou à des membres de la famille pendant l'interrogatoire».

Jusqu'à 20 ans de prison

Les mineurs palestiniens de 13 ans ou moins n'encourent des peines qu'allant jusqu'à six mois de prison, mais à partir de 14 ans, ils peuvent être condamnés jusqu'à 10 ans pour jet de pierre, délit pour lequel ils sont généralement poursuivis, voire 20 ans si la cible est un véhicule en mouvement, indique l'UNICEF.

Israël a affirmé avoir collaboré à l'élaboration du rapport et s'est engagé à en «étudier les conclusions pour oeuvrer à les appliquer en coopération avec l'UNICEF dont nous apprécions et respectons le travail», selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

«L'UNICEF a salué les améliorations ces dernières années du traitement des mineurs palestiniens, à la fois en détention et dans les procédures juridiques à l'intérieur du système de justice militaire israélien», relève-t-il.

Le rapport préconise une série de mesures, estimant qu'«appliquer ces recommandations est possible, comme le montre le fait que les autorités israéliennes ont annoncé quelques changements positifs ces deux dernières années».

Il cite à cet égard le relèvement en 2011 de la majorité légale de 16 à 18 ans pour les Palestiniens de Cisjordanie, qui n'exempte pourtant pas les plus de 13 ans de condamnations aussi lourdes que les adultes, ainsi que deux décisions militaires de 2012 raccourcissant le délai de présentation à un juge.

L'agence de l'ONU appelle Israël à s'assurer que les mineurs arrêtés et leur famille soient informés des motifs de leur détention ainsi que de leurs droits dans leur langue et à limiter au strict nécessaire les arrestations nocturnes des mineurs et le fait de les immobiliser.

L'UNICEF recommande aussi de faciliter et d'accélérer l'accès des mineurs à un avocat et à leur famille, exigeant leur présence pendant les interrogatoires.

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