Démonstration de force des opposants au mariage gai à Paris

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Selon un sondage publié dimanche, près des trois quarts des Français (72%) pensent qu'il est temps que les manifestations s'arrêtent, la loi étant promulguée depuis huit jours.

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Stéphane JOURDAIN
Agence France-Presse
Paris

Environ 150 000 selon la police, plus d'un million selon les organisateurs: la manifestation contre le mariage homosexuel, placée sous haute surveillance, a encore été massive dimanche à Paris et suivie de violents incidents après sa dispersion.

«Nous poursuivrons le combat partout en France», a lancé la présidente de La «Manif pour tous», Ludovine de la Rochère, aux manifestants qui, en trois cortèges, avaient rallié en fin d'après-midi l'esplanade des Invalides.

Après l'appel à la dispersion, la plupart des manifestant sont partis. Mais quelques centaines de fauteurs de troubles ont défié les forces de l'ordre une partie de la soirée à coups de jets de bouteilles, de pavés, de barres de fer et de fumigènes, aux cris de «dictature socialiste», «journalistes collabos», «la France aux Français».

La police a interpellé dimanche 293 personnes, dont 231 devraient se voir notifier une garde à vue, a annoncé à l'AFP la préfecture de police.

La majorité de ces gardes à vue, environ 200, concerne des personnes interpellées aux Invalides où des heurts se sont produits pendant plus de deux heures, a-t-on précisé.

Six personnes ont été légèrement blessées: quatre policiers, un photographe de l'AFP et un manifestant, a précisé la préfecture de police.

«Le bilan de la journée est positif. Toute la journée, ces groupes ont tenté des actions, mais on avait des renseignements précis et on les a maîtrisés», se félicite-t-on à la préfecture de police.

Avant même les incidents des Invalides, une centaine de personnes, dont de nombreux activistes d'extrême droite de groupes comme les Jeunesses nationalistes ou les Identitaires, ont été interpellées. Parmi elles, une trentaine avaient été placées en garde à vue.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a accusé l'extrême droite et la mouvance identitaire.

Bien que la loi sur le mariage homosexuel soit promulguée depuis huit jours, ses détracteurs ont voulu maintenir la pression dimanche, jour de la fête des mères.

Selon la préfecture de police, la Manif pour tous a rassemblé quelque 150 000 personnes, soit deux fois moins que le 24 mars. Cent cinquante fonctionnaires de police étaient affectés au comptage des manifestants, encore une fois source de polémique, les organisateurs ayant estimé à «plus d'un million» le nombre de participants.

Un autre défilé nettement plus modeste, organisé dans le centre de Paris par l'institut Civitas, proche des catholiques intégristes, a rassemblé 2800 personnes, selon la police.

Manuel Valls avait déconseillé samedi «aux familles avec des enfants» de venir, du fait de la tension croissante. Dimanche soir, dans un communiqué, il a «condamné les violences causées par l'extrême droite»

Mais Clothilde, venue manifester à Paris pour la quatrième fois depuis l'automne avec son mari et leurs quatre enfants, a expliqué ne pas avoir «voulu entrer dans le jeu» du gouvernement. Elle a toutefois regretté que «les gens se soient acharnés sur Frigide Barjot».

Depuis plusieurs jours, la figure de proue de la contestation, dépassée par sa droite, s'était déclarée menacée et privée de liberté de parole, au point de renoncer à défiler.

Trois jours avant la célébration du premier mariage d'homosexuels à Montpellier, cette nouvelle mobilisation massive était placée sous haute surveillance.

La préfecture de police avait mobilisé 4500 policiers et gendarmes pour encadrer les cortèges.

Avant les violences de fin de cortège, Place d'Iéna, dans l'ouest de la capitale, quelques dizaines de jeunes avaient tenté en début d'après-midi de dévier vers les Champs-Élysées de l'itinéraire autorisé de la manifestation, initiative rapidement contrée.

Un peu plus tard, une dizaine de personnes se revendiquant du mouvement Génération identitaire ont escaladé une terrasse du siège du Parti socialiste, déployant une banderole «Hollande démission». Interpellés, ils sont repartis en fourgonnette policière, sous les hourras d'une trentaine de personnes.

Apportant leur soutien aux «anti», plusieurs élus de l'UMP (Jean-François Copé, Henri Guaino, Laurent Wauquiez, Hervé Mariton, Brice Hortefeux) et du Front national ont pris part au défilé.

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a estimé qu'il y avait eu une «mobilisation populaire extrêmement forte» et raillé le «zèle» de Manuel Valls qui a «utilisé toutes les intimidations possibles pour dissuader» les manifestants.

La délégation FN a réuni entre 100 et 200 sympathisants.

Selon un sondage publié dimanche, près des trois quarts des Français (72%) pensent qu'il est temps que les manifestations s'arrêtent, la loi étant promulguée depuis huit jours.

Présentée en novembre en conseil des ministres, la loi sur le mariage et l'adoption pour les homosexuels, engagement de campagne de François Hollande et première réforme sociétale du quinquennat, a cristallisé pendant des mois les critiques, notamment de la droite et de toutes les confessions.

Son vote il y a un mois a été l'aboutissement d'un long parcours parlementaire, marqué par des débats houleux, des centaines d'heures de discussion et le dépôt de près de 5000 amendements par l'opposition.

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