La guerre est finie

Barack Obama a bel et bien annoncé la... (Photo LARRY DOWNING, Reuters)

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Barack Obama a bel et bien annoncé la fin d'une guerre, celle déclenchée par le massacre du 11 septembre 2001.

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Ça ne s'est pas passé sur le pont d'un porte-avions, comme pour la capitulation du Japon en 1945. Ni à bord d'un train d'état-major, où fut signé le cessez-le-feu de 1918. Mais Barack Obama a bel et bien annoncé la fin d'une guerre, celle déclenchée par le massacre du 11 septembre 2001.

Une guerre pas comme les autres. Exactement cette sorte de «guerre du futur» que prédisait Alvin Toffler en 1993, asymétrique, évanescente, dépourvue de règles, d'une cruauté souvent proche de la folie - voir l'assassinat à la machette, à Londres, il y a trois jours.

On sait que le président des États-Unis a du génie pour la rhétorique. Aussi, dans son discours livré devant la National Defense University, jeudi, on trouve une part d'effet de toge. Une part de stratégie politique: Obama est empêtré dans diverses dérives de son administration depuis quelques semaines, ce qu'il essaie certainement de faire oublier. Et une part de naïveté, réelle ou feinte: l'islamisme, parfois politique, mais le plus souvent guerrier, gagne du terrain partout en Orient et en Afrique sans que qui que ce soit n'y puisse quoi que ce soit.

Le Printemps arabe n'a pas très bien tourné, on le sait. Les milices djihadistes abonnées à la fois au fondamentalisme religieux et au banditisme pur et simple gagnent du terrain. Le dernier cas d'espèce est celui de la Syrie, où l'Occident en général et les États-Unis en particulier ont eu l'intelligence de ne pas trop s'engager.

Bref, la situation demeure extrêmement dangereuse.

***

Ceci dit, la trêve initiée par Barack Obama est sensée et significative.

Sur le plan des principes, elle prend acte des réalités nouvelles. La mouvance Al Qaïda n'est plus que l'ombre d'elle-même et la menace réelle est dorénavant ponctuelle. C'est celle de groupuscules ou de personnages isolés. Parmi ceux-là, les terroristes dits homegrown (éduqués et auto-radicalisés en terre occidentale) deviennent les plus préoccupants, comme on l'a vu au marathon de Boston.

Cela appelle une riposte qui ressemble moins à une guerre globale qu'à des opérations ciblées de renseignement et de police.

Sur le plan pratique, Obama a annoncé qu'il ne reconduira la loi des mesures de guerre (Authorization for Use of Military Force) adoptée en 2001. Qu'il encadrera de façon serrée l'usage des drones, la «pire arme à l'exception de toutes les autres», a écrit un commentateur (dans Slate) puisque, même si elle présente un dilemme moral, elle épargne dans les faits des vies civiles. Qu'il reprendra la lutte pour vider les geôles de Guantanamo Bay, entravée par le Congrès, par des considérations légales et par le peu de goût qu'ont les pays d'origine des détenus pour leur retour chez eux.

Il est toujours hasardeux de parler trop vite de moment historique. Mais il se peut que cette sorte d'armistice unilatéral décrété par Barack Obama en soit un.

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