Ottawa envisage de demander aux entreprises de commanditer la capitale nationale

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Dean Beeby
La Presse Canadienne
OTTAWA

La Commission de la capitale nationale (CCN) étudie des propositions pour aller chercher 4,5 millions en nouvelles commandites au cours des cinq prochaines années. La CCN espère combler les trous dans son budget en associant des entreprises à la promotion des joyaux culturels de la région d'Ottawa.

Un rapport commandé par la CCN et produit par la firme TrojanOne au coût de 69 000$ conclut que l'agence fédérale pourrait obtenir plus de 1 million en commandites d'entreprises uniquement pour faire la promotion du Parc de la Gatineau, en Outaouais.

Des commanditaires seraient aussi susceptibles de financer des événements cyclistes, des expositions d'art ou le festival Les lumières de Noël, estime le document.

La Presse Canadienne a obtenu un exemplaire du rapport produit en mars en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Les commandites d'entreprises sont déjà une composante importante du paysage culturel de la capitale fédérale.

La firme Alcatel-Lucent est par exemple partenaire d'un événement cycliste tous les dimanches d'été, alors qu'American Express soutient le Bal de Neige et la patinoire du canal Rideau.

La Financière Manuvie finance Mosaika, un spectacle son et lumière présenté chaque été sur la Colline du Parlement, en plus du festival Les Lumières de Noël au Canada.

Cette année, une partie des activités de la fête du Canada présentées à Ottawa seront prises en charge par les Producteurs de poulet du Canada, McDonald's et Lego. Chacun a payé 350 000$ pour s'associer aux célébrations.

La CCN, qui a mis le pied dans la commandite d'entreprise il y a déjà trois décennies, cherche à obtenir encore plus d'argent du secteur privé pour maintenir ses programmes.

« Plusieurs agences gouvernementales envisagent de nouvelles façons de faire pour réduire la dépendance aux fonds publics », explique Sandra Pecek, directrice des affaires publiques à la CCN.

Les commandites rapportent déjà plus de 1 million annuellement à la CCN. Certains critiques sonnent l'alarme à propos de ce qu'ils considèrent comme une insidieuse prise de contrôle de la culture populaire.

« Bien que je n'aie pas de problème avec la commandite privée pour des événements spéciaux, des concerts par exemple, j'ai toutefois des problèmes quand une agence gouvernementale censée s'occuper du bien public dans notre capitale nationale est financée par le privé », affirme Maude Barlow, présidente du Conseil des Canadiens.

« Qu'est-ce que les entreprises recevront en échange d'une commandite pour le Parc de la Gatineau? Avoir des montagnes ou des monuments à leur nom? » demande-t-elle.

Le porte-parole néo-démocrate en matière de Patrimoine, Pierre Natel, indique que son parti n'est pas opposé aux commandites privées, pourvu qu'elles ne compromettent pas l'autonomie de la CCN.

« Les commandites devraient être permises pour des activités très spécifiques », estime le député.

Le financement public de la CCN, créée en 1959, a été réduit radicalement cette année. Le budget fédéral de mars prévoyait que l'agence allait perdre l'organisation de plusieurs événements culturels comme Mosaika, le Bal de Neige et les spectacles de la fête du Canada.

Le ministère du Patrimoine canadien reprendra la responsabilité de ces événements dès le mois de septembre. Le gouvernement Harper soutient que ce changement permettra de redonner un caractère plus national à ces festivités. Cette mesure s'inscrit en partie dans le cadre de la préparation des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération canadienne, en 2017.

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